Le Château de la Tourlandry

Le château de la Tourlandry

Une histoire du Moyen Âge au second empire

Le Château de La Tourlandry fait partie des sites historiques touristiques de l’Anjou, il conserve les traces de l’Histoire de France du Moyen-Âge au Second Empire.

Depuis 2019, le Château est devenu site touristique et est ouvert au public.
Restauré, il accueille tous les ans toujours plus de visiteurs.

Il prend racine dès le pré Moyen-Âge avec le Seigneur Landry qui érigera une tour sur le toit de l’Anjou proche de son point culminant de 216 mètres. Cette tour du seigneur Landry donnera au Château son nom puis celui du village de La Tourlandry et restera protégée de douves, les deux seules encore en eaux naturelles du Maine-et-Loire.

Le Château actuel du Second Empire 1856 succède aux précédents châteaux édifiés entre le XIe et XIXe siècle. Il reste bordé de deux tourelles du XVe siècle rappelant la période du chevalier de La Tourlandry qui laissera un livre à grand succès en Europe intitulé « Livre pour l’enseignement de mes filles ».

La célébrité du Château actuel tient notamment aux visites répétées de Napoléon III matérialisées par la présence de trois séquoias offerts par l’Empereur en souvenir de son passage ainsi qu’un tableau d’une copie de « Lorenzo di Credi » portant encore la mention « don de Napoléon III au Château de La Tourlandry » aujourd’hui dans l’église.

Ironie de l’histoire, avant le dernier Empereur de France, il s’agit de la dernière représentante de la monarchie des bourbons, la Duchesse de Berry en 1828 et 1832, qui se rendra près du Château de La Tourlandry.

Chevalier Landry de la Tour Ve siècle

« Geoffroi de La Tour Landry (né avant 1330 et mort entre 1402 et 1406) est un chevalier français du XIVe siècle dont la notoriété tient au Livre pour l’enseignement de ses filles (aussi appelé Livre du Chevalier de la Tour Landry), un traité d’éducation morale destiné à ses filles, qu’il composa de 1371 à 1373. »

Les généalogistes pensent que cette famille de la Tourlandry remonterait bien avant la fin du XIᵉ siècle à l’époque où l’on retrouve les premiers chevaliers connus comme témoins dans les cartulaires de la région. Il faut tenir pour légendes les écrits de Bourdigné et de Hiret (XVIᵉ siècle) qui racontent des luttes en Bretagne au Vᵉ siècle où se serait distingué un seigneur Landry de la Tour.

Une distinction plus Internationale que française au XVe siècle

Geoffroy de La Tour Landry est issu d’une famille de la noblesse angevine, les seigneurs de La Tourlandry, dans l’actuel département de Maine-et-Loire. Le premier membre connu, un certain Landricus Dunensis, fit construire la tour qui a donné son nom à la famille et qui est mentionnée dans un cartulaire du xie siècle.
La date de naissance de Geoffroy IV, chevalier et seigneur de La Tourlandry, n’est pas connue, mais doit se situer avant 1330. Il participe à diverses campagnes de la Guerre de Cent Ans, en tant que partisan des rois de France. En 1346, il est présent au siège d’Aiguillon mené par Jean le Bon, alors duc de Normandie. En 1353, son nom apparaît dans une montre militaire. En 1364, il fait partie des troupes de Charles de Blois à la bataille d’Auray, puis combat à Cherbourg en 1378 aux côtés du connétable Bertrand Du Guesclin.

En 1378, 1380 et 1383, il est attesté dans divers documents comme chevalier banneret, ce qui témoigne à la fois de l’importance de sa situation militaire et de son statut social.
Il se marie deux fois. En 1353, il épouse d’abord Jeanne de Rougé, d’une riche et influente famille bretonne (douairière des terres de Bourmont comme veuve de Pierre de Cuillé), fille de Bonabes IV († 1377), sire de Rougé et de Derval, vicomte de La Guerche, conseiller du roi Jean. Après la mort de Jeanne, il contracte une nouvelle union en 1391 avec Marguerite des Roches, veuve de Jean Clerembault, un riche chevalier.

Ses enfants, destinataires de son œuvre, sont issus de son premier mariage avec Jeanne de Rougé. On lui connaît au moins deux fils et trois filles. L’aîné des fils, Charles, est tué à la bataille d’Azincourt en 1415. De ses filles, Marie épouse Gilles Clerembault en 1389, le fils de la seconde femme de son père, et meurt sans laisser d’enfants avant 1400. Les deux autres, Jeanne et Anne, se marient avec deux fils de Louis, vicomte de Rochechouart, conseiller et chambellan du roi de France Charles V.

Divers passages du Livre pour l’enseignement de ses filles fournissent certaines informations concernant le niveau culturel et les intérêts littéraires de son auteur. Il semble avoir disposé d’une collection respectable de manuscrits pour l’époque, puisqu’il mentionne les « livres que je avoye, comme la Bible, Gestes des Roys et croniques de France, et de Grèce, et d’Angleterre, et de maintes autres estranges terres »1. Il connaît d’autres œuvres, comme les histoires de Constantinople et la Vie des Pères, de même que deux romans de la seconde moitié du xiiie siècle, La Châtelaine de Vergy et Le Roman du Châtelain de Coucy et de la Dame de Fayel. Selon Anne Marie De Gendt, « plusieurs remarques dans le Livre dénotent (…) une certaine familiarité avec la littérature de l’époque: romans chevaleresques, fabliaux, exempla et chansons lyriques. (…) Il connaît bien les conventions de la lyrique courtoise et semble avoir lui-même taquiné les muses, au temps de sa jeunesse, car selon ses dires il a composé plusieurs pièces lyriques pour exprimer l’amour qu’il vouait à sa bien-aimée2. ».

Il mourut entre 1402 et 1406.

« Le chevalier de La
Tour Landry offrant son livre à ses filles »

Estampe sur bois attribuée à Albrecht Dürer, Der Ritter vom Turn, imprimé par Michael Furter, Bâle, 1493

En 1494, Françoise de la Tour landry épouse Hardouin de Maillé ( famille de Touraine ) qui reprend le nom de sa femme, ses armoiries puis le sien propre pour laisser celui attaché de » de Maillé de la Tourlandry », nom qui s’est perpétué jusqu’à nos jours. En 1573, le fils François obtient le titre de Baron de la Tourlandry ;

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De la Révolution Française au Second Empire 

 A la veille de la Révolution, le Château était important ,entouré de douves intérieures et extérieures englobant les dépendances, alimentées par un petit étang. La façade d’entrée  avec pont-levis était dominée par 3 tours. Au Nord, la chapelle seigneuriale jouxtait l’église.

La période révolutionnaire sera terrible pour les Landériciens.  Les cahiers de doléances rédigés, début 1789, présentent les réformes  souhaitées par les habitants. Début 1793,  la mort du Roi et la levée en masse de 300000 hommes met le feu aux poudres.  Les hommes vont s’enrôler en grand nombre dans l’Armée Vendéenne et participer à tous les combats et à la virée de Galerne ; Pendant ce temps plus de 130 femmes seront arrêtées, conduites en prison où beaucoup vont mourir. Début 1794, les Colonnes Infernales de Turreau mettent le pays à feu et à sang ; l’église, le bourg, les fermes et le Château, rien ne sera épargné, la famille De la Haye Monbault propriétaires depuis le XVIIIe siécle n’ont plus que des ruines.

Acheté par Jacques Pinçon ( ou Pinson ) de Valpinçon, notaire à Paris avant 1807, les De Valpinçon demeurent au château et seront parrain et marraine de deux cloches fondues dans la cour du château.

NAPOLEON III aprés la DUCHESSE DE BERRY

Les châtelains Valpinçon en 1828 accueilleront la duchesse de Berry qui reviendra en 1832 dans la région pour susciter un soulèvement légitimiste,sans succès. Emile Fourchy, nouveau propriétaire,marié à Marie Richard fera  construire dans le château  le bâtiment central en 1854 achevé en 1856.  Ce couple  et leurs parents ont marqué l’histoire locale : legs au Bureau de bienfaisance, dons pour l’église, les écoles,les pauvres.

L’empereur Napoléon III avait offert à Mme Fourchy un grand tableau qu’elle a légué  à l’église : il s’agit  d’une copie d’un tableau de Lorenzo di Credi représentant la Vierge présentant l’Enfant Jésus à St Julien et à St Nicolas

GENERALISIME CATHELINEAU

Au décès de Marie Fourchy, sa sœur Mme Legris hérite de la propriété et la vendra à Pierre Ernest Jouin, notaire. Ce dernier achètera aussi le domaine voisin de la Giraudière dont il se séparera quelques années plus tard. La statue de Cathelineau vient du parc de la Giraudière.